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Et d’abord, il rêve. D’un steamer des années 20, d’un sous-marin façon Nautilus ou d’un bateau de pêche rond et rassurant qui irait de l’avant par toutes les mers et par-dessus les vagues. Et pourquoi pas un aéroplane de nos ancêtres qui ferait des pirouettes dans le ciel et un clin d’oeil aux oiseaux migrateurs. Car il y aura bien une histoire avec des personnages qui feront des bêtises ou lanceront des appels, tournoieront en équilibre instable ou s’accrocheront dignement aux rames de leur embarcation. John Crayson se met ensuite au travail sur sa planche à dessin. Traits entre ombres et lumières. L’ambiance y est mais tout est en noir et blanc encore. Et tout est plat. Comme dans les anciennes revues de Babar, il imagine alors la manière de décomposer en différents plans l’ensemble des engins à construire, mâts et cheminées, hélices et bastingages à fixer. La maquette reste encore blanche comme plâtre. Il va lui mettre de la couleur. Et surtout lui donner un air de temps révolu en reprenant les techniques utilisés jadis dans l’industrie des jouets métalliques émaillés. Avec une science qui n’appartient qu’à lui, voilà aussitôt le métal découpé, chauffé, passé aux four puis ajusté, mit à toutes les sauces de son imaginaire tranquille. Reste à tirer, pousser, faire tourner les petites tiges de métal et l’objet s’anime en entraînant avec lui la poésie des aventuriers du dimanche avec ou sans scaphandre.
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